Chapitre 1 : Réduisons nos déchets cosmétiques – les cheveux

Réduisons nos déchets cosmétiques Chapitre 1 : les cheveux

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance d’animer un atelier/conférence au salon « Vivre Autrement ». J’avais choisi le thème Réduisons nos déchets cosmétiques. En effet, c’est une démarche que j’ai entreprise quand j’ai débuté la fabrication de mes propres cosmétiques, et je voulais partager avec vous, ces alternatives qui existent. Dans ces articles issus du dossier réduisons nos déchets cosmétiques, je vais vous expliquer mon quotidien dans la salle de bains. Ayant pour objectif d’utiliser uniquement des produits qui réduisent la pollution cosmétique tout en étant efficaces. Ce dossier abordera plusieurs thèmes, comme celui auquel nous nous intéressons aujourd’hui : les cheveux.

Voici les thèmes qui seront traités dans ce dossier réduisons nos déchets cosmétiques :

  • Introduction : les déchets cosmétiques en quelques mots (dans chaque chapitre)
  • Les cheveux (chapitre I)
  • Le visage (chapitre II)
  • Le corps (chapitre III)
  • L’hygiène dentaire et auriculaire (chapitre IV)

Les Déchets cosmétiques en quelques mots

Pour débuter, il me semble judicieux de rappeler la définition d’un cosmétique : un produit cosmétique est une « substance ou un mélange destiné à être mis en contact avec les parties superficielles du corps humain (l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles ». Source le site santé-gouv 

En 2015, l’institut de sondage Ipsos publie un bilan assez inquiétant sur les déchets cosmétiques créés par les français. En effet, il en ressort que 75 000 tonnes de produits cosmétiques et d’hygiène sont jetés. Des déchets, qui ne sont malheureusement pas triés la plupart du temps. Il arrive que l’on jette dans la cuvette des toilettes certaines choses pensant que cela n’aura pas d’impact sur l’environnement. Or, tous ces déchets-là -parmi d’autres- sont rejetés dans les océans, qui sont aujourd’hui pollués. À tel point que plusieurs scientifiques ont rebaptisé une zone au large de la côte ouest des Etats-Unis le 7ème Continent.

L’association Surfrider Europe, qui se bat pour la protection des océans et du littoral, a récolté en 2015 plus de 16 000 coton-tiges sur les plages et les bords de rivières. Pour vous donner une idée, cela représente 3 fois et demi la hauteur de la tour Eiffel, lorsque l’on les met bout à bout. Autre exemple assez alarmant, celui des brosses à dents en plastique. Ces dernières créent plus de 1400 tonnes de déchets chaque année. Le plastique n’étant pas recyclable, ces déchets sont juste là, et empoisonnent notre environnement et la biodiversité. Je ne vous parle pas des tubes de dentifrice en plastique et ses composants néfaste qui s’ajoutent à cette pollution due aux cosmétiques.

Aujourd’hui, le problème de la pollution plastique ne peut plus être ignoré. Il faut que nous fassions notre part et agissions en être responsable. Beaucoup de marques proposent des alternatives et relayent des conseils pour pouvoir consommer sainement.

Un autre problème de pollution dû au maquillage est présent dans bon nombre de nos salles de bains. Celui des cotons démaquillants. En effet, étant faits en coton, on ne s’imagine pas que cela peut polluer. Malheureusement, ils créent tout autant de déchets si ce n’est plus, car ils sont jetés quotidiennement. De plus, la culture du coton conventionnel est la plus polluante au monde, car requiert énormément d’eau. Selon Consoglobe, une femme utilise en moyenne, 6 cotons par jour pour se démaquiller. Ceci équivaut à 180 cotons par mois et 2160 par an !

Réduisons nos déchets cosmétiques en pensant différemment. Pensons à la planète avant tout. De plus, cette consommation quotidienne nous coûte cher. Les solutions que je vous propose ci-dessous, sont non seulement écologiques mais aussi économiques. Ne donnons pas d’argent pour payer les services marketing de ces grandes marques peu scrupuleuses. Sachez que je suis issue d’une formation en communication et en marketing donc je sais de quoi je parle.

réduisons nos déchets cosmétiques

Prendre soin de ses cheveux

 Le shampoing no poo : par définition, le terme shampoing no poo vient de la contraction de « no-shampoo ». C’est-à-dire pas de shampoing. Un shampoing au sens traditionnel, comme on peut le trouver en grande surface se compose entre autres d’agents décapants, nettoyants et moussants qu l’on nomme tensioactifs. Il existe plusieurs catégories de tensioactifs dont ces fameux agents nettoyants, auxquels nous nous intéressons.

Le concept du no-poo consiste à espacer les shampoings jusqu’à ne plus les laver au sens traditionnel. Nous pouvons espacer nos shampoings en utilisant des « shampoings secs ». En terme de shampoing sec doux pour le cuir chevelu et la nature, il existe de nombreuses solutions. La première et celle que j’utilise est la Maïzena. Appliquée à la racine (en évitant le crâne), en petite quantité grâce à une salière ou d’un gros pinceau, elle absorbe le surplus de sébum. N’oubliez pas, après l’application, de bien brosser vos cheveux pour répartir la poudre et enlever le surplus.

Le no-poo consiste également à utiliser des produits doux et respectueux de l’environnement, et de notre santé. Les soins no-poo se font donc avec des poudres de plantes (poudres ayurvédiques), des argiles et du bicarbonate de soude par exemple. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, ce n’est pas « sale » de se laver les cheveux avec de la « terre ». En effet, beaucoup de poudre de plantes et d’argiles ont des vertus purifiantes et se composent de saponines qui elles, nettoient. Sous forme de pâte en les mélangeant avec de l’eau, ces poudres sont faciles d’application.  Ou alors, sous forme de « shampoing sec ». Plusieurs poudres de plantes sont de couleur foncée, elles s’adapteront parfaitement aux cheveux bruns. Mélangée à la Maïzena, vous pouvez adapter votre shampoing sec à votre couleur de cheveux.

Dans le concept du no-poo, le brossage quotidien des cheveux est très important. Non seulement, il permet de répartir le sébum, d’éliminer des résidus et impuretés, mais également, d’aérer la chevelure. Réduisons nos déchets cosmétiques en utilisant des brosses écologiques comme les brosses en bois avec les picots aussi en bois. Ces brosses-là ont pour avantage de ne pas agresser le cuir chevelu, mais au contraire, le masse. De plus, elles le stimule et empêche l’électricité statique des cheveux. Nous réduisons nos déchets cosmétiques en n’achetant plus de shampoings qui ont pour contenant des bouteilles en plastique, et qui sont composés d’éléments polluants. Voici donc quelques idées de recettes de shampoings no poo en pâte à faire à la maison et à laisser poser sur le cuir chevelu :

Cheveux gras : Rhassoul + Poudre d’Orange + Eau frémissante

Cheveux secs : Poudre de Reetha (riches en saponine) + Poudre d’Orange + Eau frémissante + Huile végétale d’Avocat

 Colorés : Poudre de Sidr (riches en saponine) + Eau frémissanteno poo poudres ayurvédiques réduisons nos déchets cosmétiques

L’astuce en plus : fabriquer sa propre poudre d’orange, c’est possible et très simple. La poudre d’orange est une poudre ayurvédique que vous pourrez utiliser en shampoing sec ou en shampoing en pâte. Elle nettoie les cheveux, les rend brillants, les démêle, stimule et tonifie le cuir chevelu. Pour la fabriquer, il suffit simplement de garder les peaux d’oranges et de les faire sécher au four à basse température par exemple. Suite à cela, vous pourrez les broyer soit avec un pilon soit un mixeur. Cette poudre sera efficace tout en parfumant vos cosmétiques.

Le shampoing solide : il existe deux types de shampoing solide ; les pains de savon surgras, qui, agrémentés d’argiles ou d’autres poudres de plantes peuvent s’adapter à chaque type de cheveux. À la différence des savons surgras utilisés pour le corps, ceux pour les cheveux peuvent contenir également un agent moussant supplémentaire. Il existe également des shampoings solides (non surgras) qui sont faits à partir de tensioactifs.

La différence entre le shampoing surgras et le shampoing solide est la fabrication. Le premier se produit à froid, et l’autre a besoin que ses composants soient chauffés pour bien se mélanger. Vous pourrez trouver sur le blog, plusieurs recettes de shampoings solides pour cheveux secs, cheveux gras et cheveux mixtes & colorés.

Ces deux types de formules sont réalisables à la maison et sont très bonnes pour l’environnement. Nous réduisons nos déchets cosmétiques avec ces produits, car ils n’ont que très peu, voire pas d’emballage et leur composition est douce pour la planète. Quand vous achetez ces produits, les emballages sont très souvent biodégradables et/ou réutilisables. Il faut savoir que le shampoing liquide en bouteille, requiert de grandes quantités d’eau à la production. En effet, ils sont généralement constitués à plus de 75 % d’eau. Les bouteilles plastiques qui servent de contenants sont très difficiles à recycler (quand elles sont recyclables).Les shampoings solides : réduisons nos déchets cosmétiques

L’après/avant shampoing nourrissant : au plus simple et efficace, je vous conseille d’appliquer de l’huile végétale de coco sur vos longueurs. Vous pouvez appliquer l’huile sur cheveux secs ou mouillés. Laissez poser 30 minutes minimum et rincez en faisant un shampoing. Le shampoing va permettre d’éliminer le surplus d’huile que vos cheveux n’auront pas absorbé. Pour ceux qui préfèrent, il existe également des marques qui proposent des avant-shampoings nourrissants solides, respectueux de l’environnement. Pour aller encore plus loin, je vous propose cette recette pour réaliser vous-même vos avant shampoings solides.

Le lissage : les fers à lisser que l’on utilise traditionnellement de par leur composition, leur méthode de fabrication, mais aussi d’utilisation, ne sont pas très écologiques. De plus, comment fait-on lorsque l’on n’a pas accès à une prise électrique ? Voici mon alternative naturelle : le Kardoune. La méthode du kardoune pour lisser les cheveux est ancestrale et vient du Maghreb. Il s’agit d’un ruban en coton tissé qu’il faut enrouler (très serré) sur toute la longueur des cheveux humidifiés, et à garder toute la nuit. Voici un tutoriel vidéo de l’utilisation du Kardoune. Nous réduisons nos déchets cosmétiques, car le kardoune est réutilisable jusqu’à ce qu’il s’abîme, et, car nous n’utilisons aucune autre source d’énergie polluante pour nous faire belle !kardoune réduisons nos déchets cosmétiques

Voilà, vous savez tout de ma routine capillaire pour réduire mes déchets cosmétiques. Le chapitre 2 de cette démarche réduisons nos déchets cosmétiques concernera les soins du visage. J’espère que vous aurez appris des choses dans cet article, et que vous serez aussi sensibilisés que moi. À très vite les amis.

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2 Commentaires

  1. Hello! Merci pour tout ces bons conseils. Pour des raisons écologiques, je suis moi aussi passée au shampoing solide et savon pour le corps. La compo est plus saine et il n’y a pas d’emballage. Quand au shampoing sec, je tâtonne encore car comme je suis brune, avec la maïzena seule, c’est pas l’idéal pour les résidus blancs. Sinon je ne connaissais pas la poudre d’orange. C’est simple à réaliser 🙂 Merci pour l’idée!
    Bonne après-midi
    Mimi

    1. BLN dit : Répondre

      Salut Mimi,
      Pour le shampoing sec, tu peux ajouter de la poudre de Nagarmotha ou du Brou de noix par exemple. Une poudre de couleur brune. Comme ça, bye bye les traces blanches dans les cheveux 🙂
      Bonne apm

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